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Dans les rangs des commerçants, en tout cas, les jeux sont faits : Atlantisud, ils n'en veulent pas ! Lundi, des représentants professionnels de trois départements (Landes, Pyrénées-Atlantiques et Gers ) se sont réunis à la CCI de Dax, pour décider des suites à donner à leur colère. Après avoir envoyé un courrier d'information à chaque votant de la commission, ils étudient les recours envisageables en cas de validation du projet.
Bruno Laloye, le président de la Fédération des commerçants de Saint-Paul-lès-Dax, a tenu à souligner que la composition de la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) était très défavorable aux intérêts des commerçants : « Le problème, c'est que les membres sont à la fois juge et partie : comment le Conseil général et Macs peuvent-ils faire partie de la CDAC ? Ils sont propriétaires des terrains, je trouve qu'il y a là un véritable conflit d'intérêt ! De même que le Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement ( CAUE), qui est subventionné par le Conseil général. Et que dire du silence de certains élus, qui est assourdissant ? »
Eric Kerrouche, le président de la Communauté de communes Maremne Adour Côte Sud (Macs), a, quant à lui, rappelé que ce n'était pas eux qui choisissaient la composition de la CDAC, et que celle pour Atlantisud n'était pas dérogatoire. « Les associations de commerçants m'ont fait parvenir leurs informations. Je pense que leur inquiétude est légitime, mais ce projet n'est ni une découverte, ni une menace directe pour eux. Ils aimeraient faire entendre leurs voix et c'est normal. Il est difficile de dire qu'il n'y aura aucun impact sur le commerce local, mais comparer la situation à celle de Troyes, c'est complètement démesuré. Est-ce que depuis la création des Quais des marques, à Bordeaux, la rue Saint-Catherine s'est vidée de tous ses commerces ? Je pense qu'avec le développement démographique de la zone dans les prochaines années, ce projet est une bonne chose. »
Bruno Laloye, le président de la Fédération des commerçants de Saint-Paul-lès-Dax, est au cœur de ce combat : « Le projet comprendrait un hypermarché, un drive et une galerie commerciale, pour un total de 18 504 m2. Doivent aussi sortir de terre deux grandes surfaces spécialisées dans le bricolage et le jardinage, pour un total de 13 414 m2. Enfin, un « Retail Park », de 12 grandes surfaces spécialisées en équipement de la personne, ainsi qu'un « Village de marques » de 29 249 m2 ! »
Hantise des commerçantsVoilà la bête noire des commerçants : « Village de marques, c'est la dénomination commerciale pour magasin d'usine : il s'agit en fait de soldes organisées en permanence, et l'arrivée de tels magasins va entraîner immanquablement des fermetures de petits commerces. » Pour Eric Kerrouche, président de la Communauté de communes Maremne Adour Côte Sud (Macs), la définition du village de marques et sa superficie est quelque peu différente : « Cette zone fait en réalité 14 000 m2. L'objectif est de proposer des magasins que l'on ne trouve pas dans le Grand Dax. Nous soutenons complètement ce projet. » Macs porte par ailleurs ce projet à hauteur de 30 %, en comparaison des 70 % du Conseil général.
Bruno Laloye souligne l'entêtement des promoteurs : « Jusqu'ici, il n'a jamais été question de changer de ligne. L'enfermement idéologique est trop important. Nous avons fait d'autres propositions, comme celle d'une plateforme intermodale, ou encore un centre des congrès, mais le Conseil général ne veut rien entendre. » « Pour l'instant, on y croit quand même, ajoute Evelyne Vigneau, présidente de l'association de commerçants de Dax. Nous avons envoyé une requête au préfet, pour être entendus auprès de la commission. On a joint à cette demande un mémoire réalisé par un cabinet spécialisé parisien, qui travaille sur ce type de dossiers, comme à Troyes. Des centaines de magasins et d'emplois seront menacés. Des commerçants vont mettre la clef sous la porte, on estime que 123 commerces sont menacés sur le Grand Dax, 91 le sont dans le Marsan, et 51 sur Hossegor-Capbreton. Sans parler de Biarritz-Anglet-Bayonne ! »
La zone potentiellement impactée par l'ouverture du village de marques est en effet appréciée au sens large : « La zone de chalandise, est de 90 minutes sur ce type de zone commerciale. Cela signifie que les gens viennent de loin. Je suis surpris que nous n'ayons pas avec nous des représentants des commerçants de la Gironde. Les communes de Biganos ou Mérignac peuvent être touchées par ce projet. » Murmures d'approbation dans la salle. Un représentant palois de la CCI du Béarn souhaite mettre son expérience au service de ce nouveau combat : « Nous avions un projet du même type, il y a quelques années, dans l'agglomération paloise, et nous avons obtenu que le projet soit abandonné. On est dans l'ultra-libéralisme pur. Il faut envoyer des courriers aux élus, et leur présenter des dossiers et des arguments solides. Ils sont parfois de bonne foi. »